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luís soares

Blog do escritor Luís Soares

BWV 232

Raphaël Pichon dirige l'Ensemble Pygmalion dans la Messe en si de Bach, avec Joanne Lunn, Lea Desandre, Lucile Richardot, Emiliano Gonzalez Toro et Christian Immler. Concert enregistré vendredi 24 mai 2019 à la Philharmonie de Paris.

Kyrie
Gloria
Credo
Sanctus
Benedictus

Distribution
Ensemble Pygmalion
Raphaël Pichon, direction
Joanne Lunn, soprano
Lea Desandre, mezzo-soprano
Lucile Richardot, alto
Emiliano Gonzalez Toro, ténor
Christian Immler, basse

Dans les dernières années de sa vie, Johann Sebastian Bach acheva une série d’œuvres qui constituèrent un magnifique testament musical de tous les styles qu’il pratiqua, que ce soit le contrepoint avec L’Offrande musicale (1747), les Variations canoniques pour orgue (1747-1748) et L’Art de la fugue (1742-1750), ou la musique religieuse avec la Messe en si mineur (1746-1749). Mais contrairement aux autres monuments contrapuntiques cités précédemment, la Messe ne fut pas véritablement composée entre 1746 et 1749. Hormis deux sections du Credo conçues vraisemblablement en 1749, Bach retravailla des pièces qu’il avait écrites auparavant dans diverses circonstances. Il réussit un tour de force en créant une œuvre nouvelle et originale à partir d’un matériau composite. Le compositeur délaissa également l’aria da capo et le récitatif, des formes qu’il avait abondamment utilisées dans les cantates et les Passions. Ainsi, il livre à la postérité non pas sa conception de ce que devait être une messe – attitude paradoxale pour un compositeur profondément attaché au rite luthérien – mais sa vision de la musique religieuse. La Messe en si mineur constitue ainsi une admirable synthèse des différents styles qu’il pratiqua sa vie durant.
La genèse de la Messe s’étendit donc sur plus de vingt années. Une première version du Credo fut sans doute exécutée pour la consécration de l’école Saint-Thomas de Leipzig, le 5 juin 1732. Un an plus tard, le 21 avril 1733, le Kyrie et le Gloria furent créés à l’occasion des vœux de fidélité du nouveau prince électeur de Saxe, Auguste III. Quatre mois après cette exécution, Bach adressa au souverain le manuscrit précédé de la supplique suivante : « Je m’offre avec la plus consciencieuse obéissance de démontrer en toute occasion mon zèle infatigable en composant de la musique sacrée aussi bien que pour l’orchestre chaque fois que Votre Majesté me fera la grâce de l’exiger. » La mise au point tardive de la Messe en si mineur explique pourquoi celle-ci ne fut jamais jouée dans son intégralité du vivant de Bach. Après le décès du cantor, l’autographe fut transmis à son fils cadet Carl Philipp Emanuel qui, en 1786, remania le Credo afin de le « moderniser ». Si des extraits furent régulièrement donnés entre 1811 et 1834, notamment par l’Académie de chant de Berlin, il fallut attendre 1859 pour que cette œuvre fût exécutée dans son intégralité (en traduction allemande!), sous la direction de Carl Riedel.